Source primaireIAArticle··6 min de lecture

Gemini agent : Google Cloud veut un seul agent pour tout le travail

Au Gemini at Work 2026, Thomas Kurian présente un agent unique, persistant et multi-modèles, qui reçoit même sa propre adresse e-mail d'entreprise.

Gemini agent : Google Cloud veut un seul agent pour tout le travail
Source : Thomas Kurian · Google Cloud BlogVoir l'original ↗

En bref

Google Cloud lance le « Gemini agent », un agent universel qui répond aux questions, exécute du travail de fond, génère des médias et écrit du code depuis une seule fenêtre de prompt. Il tourne dans le cloud, orchestre des sous-agents, choisit son modèle (Gemini ou Claude d'Anthropic) et embarque identité, audit et plafonds de dépenses. C'est la tentative la plus aboutie de Google pour faire de l'agent, et non du modèle, le produit vendu aux entreprises.

🍺 Version comptoir

Google a décidé que ton prochain collègue aurait une adresse en @agents.company.com, un agenda, un Drive, et aucune envie de prendre un café. Il bosse pendant que ton laptop est fermé, se souvient de tout ce que tu lui as dit, et délègue lui-même à des sous-agents, ce qui en fait techniquement le premier stagiaire qui a déjà des stagiaires. Le détail savoureux : pour les tâches où il en a besoin, l'agent de Google peut faire tourner Claude, le modèle d'un concurrent. Ça compte parce que la bataille de l'IA en entreprise ne se joue plus sur le modèle le plus malin, mais sur qui contrôle l'agent qui choisit le modèle.

À retenir

  1. 1

    Le Gemini agent réunit chat, travail autonome, génération de médias et code dans un seul agent et une seule API, accessible sur web, iOS, Android, Windows, Mac, ligne de commande, Workspace, Microsoft 365, Slack, ou en mode headless.

  2. 2

    L'agent tourne dans le cloud avec une mémoire unique (session, sémantique, procédurale, épisodique) et poursuit des tâches de plusieurs heures ou jours après la fermeture de l'ordinateur.

  3. 3

    Il peut créer des sous-agents temporaires et des « coworker agents » permanents dotés de leur propre identité, adresse e-mail, stockage et compte Workspace.

  4. 4

    Le modèle sous-jacent est un choix séparé : Gemini et Claude d'Anthropic aujourd'hui, d'autres modèles privés et ouverts plus tard, avec Smart Routing pour optimiser coût et qualité.

  5. 5

    Des versions spécialisées sont en preview pour la finance (FactSet, LSEG, S&P Global, plus de 50 skills) et le juridique, avant le public, la santé et le retail.

  6. 6

    La gouvernance repose sur une identité cryptographique par agent, un audit trail attribué à l'agent, un Agent Sandbox et un Agent Gateway qui applique les politiques à tous les agents.

  7. 7

    Côté chiffres : près de 500 clients ont traité plus d'un trillion de tokens chacun, 80 % des clients Google Cloud utilisent ses produits IA, et le TPU 8i promet 80 % de price-performance en plus.

Un agent, une fenêtre, une API

Le message de Thomas Kurian tient en une phrase : le travail commence désormais dans la fenêtre de prompt. Le Gemini agent est présenté comme l'unique point d'entrée pour répondre aux questions, produire des documents, créer des images et écrire puis exécuter du code.

La promesse est celle de la délégation : on fixe un objectif, pas une suite d'instructions, et on revient à du travail terminé. L'agent peut être déclenché à la demande, planifié, ou réagir à des événements.

Il peut agir comme assistant personnel, comme membre d'une équipe (un chef de projet, par exemple) ou au nom d'un rôle précis dans l'organisation, comme un analyste financier.

Architecture : persistance, sous-agents et choix du modèle

L'agent s'exécute dans le cloud et conserve un seul graphe de personnalisation, quel que soit l'appareil. Il distingue quatre mémoires : la session en cours, une base de connaissances sémantique, une mémoire procédurale (y compris des skills qu'il s'écrit lui-même) et une mémoire épisodique de tout ce qu'il a déjà fait.

Pour les tâches longues, il génère une équipe de sous-agents temporaires, chacun avec son identité, et coordonne des étapes parallèles ou séquentielles. Les « coworker agents », eux, sont durables, possèdent leur adresse en @agents.company.com et ne voient que le contexte qu'on leur partage.

Le point le plus stratégique : Google sépare l'agent du modèle. Gemini et Claude d'Anthropic sont orchestrés dès aujourd'hui, au motif que « le meilleur modèle pour la tâche n'est pas toujours le plus gros » et que le leader change tous les quelques mois.

L'agent se branche aux outils existants (Confluence, Teams, Slack, Jira, Salesforce, ServiceNow, BigQuery, Snowflake, Databricks…) et à tout serveur MCP, avec des registres d'entreprise pour partager tools et skills.

Dans Workspace, un collègue avec un compte

Dans Gmail, Docs, Sheets, Slides, Chat et Calendar, Gemini travaille inline. Exemple donné : organiser une réunion avec « l'équipe habituelle des responsables régionaux » sans fournir un seul nom, l'agent déduisant les participants d'un espace Chat et d'un ancien fil.

La délégation devient proactive : quand un manager réclame un point d'avancement en slides, Workspace Intelligence propose de confier la tâche à Gemini en un clic, et trie la boîte de réception par importance plutôt que par date.

Un coworker agent créé à partir d'une simple description de rôle reçoit e-mail, agenda, Drive et une entrée dans l'annuaire. Il commente les documents sous son propre nom et apparaît dans l'historique des versions.

Données et verticales métiers

Pour les ingénieurs data et ML, Gemini génère du PySpark, entraîne des modèles et répare des pipelines. Pour les métiers, il construit des requêtes de reporting sur BigQuery qui, une fois sauvegardées, tournent sans coût en tokens.

Trois briques ancrent les réponses : le Knowledge Catalog (définitions métier partagées, qui a fait grimper de 63 % la précision SQL chez Bloomberg Media), Smart Storage pour les 90 % de données non structurées, et un Borderless Lakehouse qui interroge S3 et Azure sans frais d'egress et fédère des tables Apache Iceberg.

Les versions Finance et Legal sont en preview. La première revendique scores de confiance, data lineage et citations vérifiables, déjà utilisée par CME Group et Deutsche Bank ; la seconde hérite des ethical walls d'iManage et NetDocuments, avec Harvey, Onit et Cooley comme partenaires.

Gouvernance et coûts, les deux conditions du passage à l'échelle

Kurian résume la gouvernance à quatre questions : qui est l'agent, que peut-il faire, qu'a-t-il fait, que ne doit-il jamais toucher. Réponse : identité cryptographiquement attestée et moindre privilège, permissions propagées via OAuth, audit attribué à l'agent et non à un humain.

Tout s'exécute dans un Agent Sandbox, et l'ensemble du trafic passe par Agent Gateway, un pare-feu réseau pour l'IA. Une politique écrite une fois (« pas d'accès aux documents Need to Know ») s'applique à tous les agents.

Sur les coûts, Google rappelle que le prix par token a chuté de 98 % depuis 2024 mais que les volumes ont explosé. D'où le routage multi-modèles, le Smart Routing et des plafonds de dépenses par projet qui mettent l'agent en pause, avec refacturation possible par département.

Infrastructure, modèles et clients

Le TPU 8i offrirait 80 % de price-performance en plus que la génération précédente. La gamme de modèles est détaillée : Argon pour le raisonnement frontier, Flash pour la vitesse, Omni pour les médias génératifs, Gemma pour l'edge en open weights, que le JPL de la NASA fait tourner sur un satellite en orbite.

La liste de clients est longue : BNP Paribas (65 000 employés), Bradesco (revue documentaire passée d'une heure à cinq minutes), SOMPO (plus de 10 000 agents), DBS (chaînes de 70 à 80 agents pour les credit memos), ou le CDAO américain, qui a mis Gemini Enterprise entre les mains de 3 millions de membres des forces armées.

Accenture crée un business group dédié et les partenaires conseil ont fait passer plus de cent mille consultants par des hackathons Gemini en un mois.

“Work now starts in the prompt window.”
“You give it objectives, not instructions.”
“The best model for the task is not always the largest one.”

Pourquoi ça compte

L'annonce marque un déplacement net : Google ne vend plus d'abord un modèle, mais un agent qui choisit ses modèles, y compris ceux d'Anthropic. C'est un aveu lucide que la couche modèle se banalise et que la valeur se loge désormais dans le contexte, la mémoire, les connecteurs et la gouvernance, c'est-à-dire dans ce qui rend un client difficile à déloger. Le discours « ce que vous construisez reste à vous » mérite donc d'être lu avec recul : les données ne bougent pas, mais les skills, la mémoire procédurale et les coworker agents vivent chez Google, et c'est précisément là que se crée l'adhérence. L'idée d'agents dotés d'une adresse e-mail, d'un agenda et d'une place dans l'annuaire pose aussi des questions concrètes de responsabilité et d'organisation du travail que l'audit trail ne règle pas à lui seul. Enfin, les gains clients cités (x3 de conversion, 80 % de temps gagné) sont autodéclarés dans un contexte de keynote, sans méthodologie : utiles comme signaux d'adoption, pas comme benchmarks. Face à Microsoft Copilot et aux offres entreprise d'OpenAI et d'Anthropic, Google mise sur l'intégration verticale complète, des TPU jusqu'à Workspace, comme avantage décisif.

#google#agents#gemini#entreprise#anthropic#workspace
Source originale
Gemini at Work 2026: Introducing Gemini agent
Thomas Kurian
Source primaireBillet adapté de la keynote du CEO de Google Cloud annonçant les propres produits de l'entreprise, publié sur le blog officiel.
Ouvrir l'article ↗

Pour vous

Faites-la travailler sur vos sources.

Gratuit : un mois d'articles et trois de vos sources. Pro : l'archive complète et vos sources, dès 8 €/mois.

Pour votre équipe

La même machine, sur vos sujets.

Un espace à vos couleurs, vos angles de veille, vos curateurs. Pilote ouvert à trois entreprises.

À lire aussi